Atelier 2 : Pratiques et systèmes connectés.

ANATE Kouméalo, MC & Holonou K ANKLOU, Université de Lomé, E-gouvernement, quel cadre d’interopérabilité fonctionnel et technique dans les institutions publiques togolaises.
Le gouvernement togolais s’est engagé dans un vaste programme de gouvernance numérique visant l’amélioration des prestations de services et des informations offerts aux citoyens. Pour atteindre ces objectifs de coordination des différentes entités gouvernementales et d’offre de services aux citoyens, le gouvernement devra intégrer ses systèmes informatiques. Il s’agit en fait de prendre en compte un ensemble de règles, de procédures, d’outils et d’instruments afin d’atteindre l’unicité des actions ; cela implique aussi des ressources adéquates pour une efficacité en matière de partage des ressources informationnelles et la pérennité du patrimoine numérique des différentes entités de administrations publiques. Comment alors mutualiser les ressources technologiques de manière à éviter la sectorisation des actions et les moyens technologiques ? Comment anticiper les difficultés pour relever efficacement ce défi ? Cette contribution est une réflexion sur les standards technologiques communs  mis en œuvre dans le cadre du projet e-gouvernement. Il s’agit aussi d’étudier les mécanismes à mettre en place pour anticiper les éventuels dysfonctionnements du système.
DON ANOMAN Nathalie, Université Houphouët Boigny, Côte d’Ivoire, Objets connectés et conatus
Avec les progrès de la technoscience et l’essor de l’Internet, le monde bascule de l’ère industrielle à l’ère numérique. L’entrée dans cette nouvelle civilisation, implique de nouvelles façons d’être et de faire et change le regard de l’homme aussi bien sur lui-même que sur les choses. Ainsi, l’objet le plus t banal avant l’ère numérique peut, aujourd’hui, se trouver transformé et revêtir une grande importance tout simplement parce qu’il est connecté. Le fait d’être connecté semble donner à l’objet une nouvelle identité. Son conatus, expression utilisée par Spinoza pour désigner l’effort pour persévérer dans son être, subit donc une modification pour s’adapter à la nouvelle mutation du monde. Mais il n’y a pas que les objets qui subissent l’influence de la révolution numérique. Elle touche également l’homme, en modifiant son mode penser et d’exister. Ce dernier doit composer avec de nouveaux objets ou des objets reformés pour continuer d’exister ou selon l’expression spinoziste pour augmenter sa puissance d’être.
GAGNEBIEN Anne, Université Paris 13, Sorbonne, Paris Cité, NEDJAR-GUERRE Akila, Université de Cergy-Pontoise, La place des technologies numériques et leurs usages dans les fablabs
Les fablab sont des lieux d’expérimentation et d’innovation sociale portée par l’idéologie d’une économie collaborative et durable (Nedjar-Guerre, Gagnebien 2015). Ils permettent aussi le développement une contre-culture du bricolage, de l’innovation (Bosqué, Noor, Ricard, 2015), de l’hybridation culturelle (Eychenne, 2012). Ils renvoient à la conception d’une société où les notions de transparence, gouvernance, interactivité, transmission horizontale de l’information sont en parfaite adéquation avec l’idéologie portée par les technologies numériques. Ces technologies numériques sont-elles mises à contribution pour dynamiser les formes d’investissement des acteurs citoyens sur un territoire dans une démarche d’économie collaborative ?
GUIGNARD Thomas, Université Sorbonne Paris Cité Paris 13, Données personnelles,
La numérisation est le vecteur d’une « révolution » qui est loin d’avoir épuisé tous ses effets, et dessine déjà une nouvelle configuration inédite en Afrique (et ailleurs) appelant quelques éléments de décryptage. Afin de justifier le développement de ces outils prédictifs, les promoteurs des big data disqualifient la pertinence des intermédiaires traditionnels non automatisés encore largement dominants en Afrique. La question commence a être étudiée dans le champ scientifique francophone et elle n’est que peu traitée dans les études portant sur le continent africain. Aussi parait-il légitime de questionner l’influence des acteurs du big data sur l’économie africaine. L’influence grandissante des données personnelles au sein de l’économie africaine, par leur portée sociale,  économique et culturelle, mérite une attention particulière (Kiyindou, Damone, 2016). En effet, la croissance de nouveaux dispositifs, notamment les plates-formes numériques, génère des traces numériques toujours plus nombreuses permettant à des acteurs internationaux de pénétrer les marchés africains.

ID AHMED Zahra, Université Rennes 2 Haute Bretagne, Les objets connectés dans le milieu hospitalier : entre efficacité, disfonctionnement et contrôle : l’exemple du SAMU.

Le développement des nouvelles technologies a permis l’émergence de nouveaux objets connectés dans tous les secteurs de notre société et leur accroissement à une forte échelle. Les organisations doivent former les usagers en permanence pour qu’ils s’adaptent aux outils technologiques. L’utilisation des outils s’avère cruciale car une erreur peut être fatale en milieu médical. Cet article tente d’analyser le système d’information dans un hôpital. Le Système d’information est un regroupement d’objets connectés et de système de partage de données. Plusieurs collaborateurs travaillent sur la même plateforme technologique de façon simultanée. Les utilisateurs ont accès à la plateforme et il y a une traçabilité des données. Chaque tâche est enregistrée dépendant du rôle des collaborateurs. Le travail demande une ponctualité car chaque collaborateur a un temps précis et bien déterminé pour vite avancer. Les collaborateurs (secouristes) qui interviennent sur le terrain sont équipés d’objets permettant de les localiser à tout moment.
PALE Titi, Université Bordeaux Montaigne, France, La connectivité de l’agriculture africaine : arguments et limites de la communication persuasive.
Nous nous intéressons ici à l’expertise sectorielle et plus précisément à la nécessité du développement d’une agriculture connectée en Afrique. Dans le domaine agricole, certains experts convertis à la révolution du digital pensent que la connectivité de l’agriculture africaine est le passage obligé pour une modernisation de la productivité et de la rentabilité du secteur. Nous nous en tiendrons à l’analyse de la force argumentative (comme on dit « force de vente ») du discours des experts et promoteurs  de cette digitalisation de l’agriculture africaine. En tout cas, ceux-ci se présentent comme seuls acteurs d’une prospective stratégique de la digitalisation de l’agriculture africaine, considérant le politique africain comme d’office ringardisé et disqualifié ou en tout cas fait pour être converti à la connectivité. À tort ou à raison ? Cette démarche suffit-elle à convaincre les cibles privilégiées (opérateurs économiques et décideurs politiques) ? Dans la perspective où ces cibles peuvent rejeter ou esquiver la digitalisation, ne  peut-on pas les considérer comme déjà affiliées à d’autres logiciels idéologiques du développement de l’agriculture africaine, ou tout simplement soumis à des contraintes politiques et culturelles plus urgentes ?
 PINTE Jean-Paul, Université Catholique de Lille, France, Le Big Data : avenir de la sécurité  contenus et services numériques en Afrique : l’hyperconnexion à l’épreuve de la mondialisation
 Le Big Data est en phase de révolutionner tous les domaines de notre société et dessine certainement l’avenir de notre sécurité. Aussi  la surveillance du réseau, l’authentification et l’autorisation des utilisateurs, la gestion des identités, la détection des fraudes, les contrôles de sécurité, … devrait permettre aux RSSI et DSI de corréler l’information pour avoir une représentation la plus fidèle possible des vulnérabilités et menaces.  Cette communication se propose ainsi d’aborder les trois sources principales de données et leurs principaux risques au sein pour notre société (captation de données, défacement de données, usurpation d’identité, vol de données, etc.). Il s’agira également de décrire comment la mise en œuvre du Big Data permet-elle de détecter, comprendre, analyser, prédire et répondre aux cybermenaces.  La donnée n’est pas donnée, et nous le savons aujourd’hui, on peut analyser ces flux, les traiter en les mettant dans des algorithmes, séries d’instructions permettant d’obtenir un résultat à partir de calculs issues des mégadonnées. Nous démontrerons ici à l’aide d’exemples précis comment par une méthode cartographique il est possible de rechercher une information en partant du Web surfacique jusqu’au Web abyssal en passant par le Darknet.
 REMOND Emilie, USEILLE Philippe, ABBA Hachimi, Université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis, Quand l’innovation s’enracine dans la tradition : L’exemple du Woelab au Togo, un «Fab Lab à niveau de rue»
 Un Fabrication Laboratory (Fab Lab) est une plate-forme de prototypage rapide d’objets physiques. S’adressant aux entrepreneurs, aux artistes ou encore aux étudiants, ces lieux intéressent en particulier « les bricoleurs, les designers, les ingénieurs, les hackers, les électroniciens, les roboticiens amateurs qui cherchent à réaliser des projets par eux-mêmes ou en collaboration » (Eychenne, 2012 : 4). Nous nous proposons d’éclairer une initiative entreprise depuis 2012 dans le quartier populaire de Djidjolé, à Lomé (Togo). Afin d’éclairer ce dispositif imbriquant projet politique, technologique et social, nous nous proposons de confronter les discours de quelques acteurs impliqués dans ce projet : du charismatique créateur du Woeblab porteur d’une parole politique à quelques usagers de ce dispositif innovant. Dans quelle mesure ce dispositif change-t-il les rapports traditionnels à l’objet, à l’autre, à soi, à la cité ? Dans quelle mesure le « faire » prend-il une dimension politique ? Et dans quelle mesure, et auprès de qui, ces outils suscitent-ils l’engagement ?
 ROSSI Julien, Université technologique de Compiègne, France, Les objets connectés et l’infrastructure numérique dans les pays en voie de développement : l’enjeu politique des données personnelles.
 Un nombre croissant de projets d’aide au développement utilisent des objets connectés. Or,  le Groupe de travail de l’article 29 a publié un avis affirmant que le passage à l’Internet des objets transforme la relation de communication entre personne concernée et responsable de traitement dans la collecte et le traitement de données personnelles, dans un sens qui renforce des logiques de surveillance. Le présent article se fonde sur une grille d’analyse dégagée des principes communs de la directive européenne et de l’Acte additionnel CEDEAO de protection des données. Il étudie les projets présentés par un récent rapport de l’Union internationale des télécommunications et de Cisco. Trois d’entre eux ont servi d’étude de cas approfondie. Ils illustrent à des degrés divers la façon dont une inclusion mal accompagnée d’objets connectés peut contribuer à un mode de gouvernementalité fondé sur la surveillance, renforçant les asymétries entre centre et périphérie.
 TIETSE Samuel, Université François Rabelais de Tours, Nouvelles médiations à l’épreuve de l’innovation par l’usage des TNIC dans les institutions à caractère culturel d’Afrique.
 La révolution du numérique donne lieu à une prolifération de nouvelles ressources informationnelles et d’outils info-communicationnels connectés. La question de la relation entre « médiation » et « usage » des objets info-communicationnels connectés, deux notions souvent mobilisées en sciences de l’information et de la communication suscitent aujourd’hui plusieurs interrogations dans une société à la fois marquée par la place qu’y occupent les technologies numériques d’information communication et caractérisée par ce que Jauréguiberry qualifie de « …société d’ubiquités : riche en informations, pauvre en communication » (Jauréguiberry, 1995). Le présent  article traite de l’évolution (développement) des pratiques et de mise en œuvre des dispositifs de médiations (informationnelles) dans les institutions à caractère culturel d’Afrique sous le prisme de la théorie de l’innovation par l’usage (des TNIC) [Von Hippel, 1986].
 TOURE Fatoumata Bintou, Université du Mali, Usage du téléphone portable et l’impact de son utilisation sur la formation culturelle de la jeunesse.
 La présente communication envisager d’étudier les pratiques émergentes des technologies au MALI Nous nous proposons de cerner, à partir de l’usage, les centres d’intérêt  des étudiants de bamakois lorsqu’ils utilisent le téléphone portable, de rechercher si ces centres d’intérêt sont en mesure de leur octroyer une culture plurielle (traditionnelle, moderne, scientifique…), en d’autres termes une culture pertinente qui puisse consolider leur éducation et leur formation.Dans ce sens, il conviendra de réfléchir sur le rôle que ces objets peuvent jouer dans la recherche de l’information scientifique et dans la formation culturelle  de la jeunesse malienne et de prendre en compte les résultats de recherche
 VIOT Catherine, BAYART Caroline, LANCINI Agnès, Université Claude Bernard Lyon 1, L’adoption des objets connectés : une question de génération ?
 Alors que l’offre d’objets connectés se multiplie sur le marché, allant des voitures aux brosses à dents, en passant par les trackers personnels et que des trackers d’émotions sont sur le point d’être lancés sur le marché, il semblerait que l’adoption de ces nouveaux produits par les consommateurs, notamment les wearables, ne soit pas toujours au rendez-vous. L’adoption des objets connectés par les consommateurs peut dépendre de facteurs individuels – comme la tendance à innover de la personne (innovativeness) (Roehrich, 2004), les attitudes à l’égard de l’objet, la familiarité avec la catégorie de produits, par exemple –, mais aussi de facteurs sociaux comme les normes subjectives (que vont penser les membres du groupe social si un des membres du groupe adopte un nouveau produit ?). L’objectif de ce papier est de répondre à la question de recherche suivante : l’adoption des objets connectés est-elle une question de génération ou de caractéristiques psychographiques ?